Paris, I love you

Vendredi soir devait être un vendredi soir comme un autre. Je devais passer la soirée avec mon chéri tranquillement devant le match de foot France/Allemagne. Un copain voulait nous rejoindre et puis s’est endormi. Tant pis on pourra passer la soirée en amoureux avec une bouteille de despérado.

Le bonheur tient souvent à peu de chose.

Et puis à la mi-temps aux alentours de 22h je reçois un message d’une collègue me demandant si je suis bien en sécurité car deux fusillades auraient éclatées à Paris et des explosions entendues non loin du Stade de France. Étrange… Je ne saisis pas tout de suite toute la gravité de la situation. Je regarde les actualités sur mon téléphone et là mon corps et mon esprit se sont immédiatement mis en alerte. En quelques secondes, j’en étais intimement persuadée quelque chose de grave était en train de se produire. Un pressentiment rapidement confirmé par un chiffre : 18 morts et une prise d’otages au Bataclan. Il est 22h45. Je n’ai qu’une hâte que le match de foot se termine. Je commence à recevoir des messages de me proches me demandant si je vais bien. Je rassure, je prends aussi des nouvelles. Je suis dans un état second pendant de longues minutes lorsqu’une de mes amies ne répond pas. Mais elle était seulement au cinéma. Soulagement, envie de pleurer. L’horreur ne fait que commencer.

C’est la panique, personne ne sait réellement ce qui se passe mais une chose est sure c’est très grave. François Hollande intervient et lâche le mot guerre. Nous sommes en guerre, Daech nous a déclaré le guerre. Et comment ? En s’attaquant à des innocents venus boire l’apéro entre amis, en ôtant la vie à des fans de rock (cette musique de Satan) et en tentant de punir des supporters de foot. Et j’ai envie de pleurer, j’ai envie de hurler, je suis en colère, je bous, je tremble, j’ai mal à la tête, ça tourne et cette envie de vomir lancinante qui ne me quitte plus depuis ce vendredi 13. Je ne suis pas superstitieuse je ne l’ai jamais été et je ne le le serais jamais mais putain quel vendredi de merde.

Aux alentours de 00h mon copain décide d’éteindre BFM, demain on se lève tôt, on passe le week-end en Bretagne en famille pour mon anniversaire. Je ne sais pas comment c’est possible mais je me suis endormie comme un bébé. J’ai honte. J’ai abandonné tous ces gens pendant 7h d’un sommeil certes très agité mais sans jamais me réveiller (chose qui m’arrive très rarement ces derniers temps).

Je me réveille et je me rappelle presqu’instantanément, qu’on a attaqué Paris. Je prends mon téléphone, vois qu’un pote s’est inquiété pour moi, je prends le temps de le rassurer, allume la télé et l’horreur reprend : plus de 120 morts. Non, non, NON, pourquoi ? C’est trop injuste. Je suis choquée, je viens de me faire gifler et j’ai mal, tellement mal. Une boule au fond de ma gorge se forme, je ne peux pas parler, j’ai perdu toutes mes facultés. Je suis inerte comme une poupée de coton mais il faut qu’on avance, une longue route nous attend. Elle sera rythmée par les infos comme tout le reste du week-end.

Dans le fond, j’étais tellement contente d’être entourée de mes proches, d’être loin de cette barbarie. Je me suis d’ailleurs sentie terriblement égoïste, j’avais l’impression de les abandonner une nouvelle fois, d’être dans une sorte de déni, de ne pas accepter de souffrir avec eux.

Le week-end est passé, tellement vite, il était déjà temps de repartir direction Paris, mon Paris, notre Paris. Car Paris je t’aime tellement si tu savais. Je serais là pour panser tes blessures. J’aimerais dire que je n’ai pas peur. Que je les emmerde et que non je continuerais comme avant, mais ce serait mentir. J’ai cette douleur sourde dans le bas du ventre. Alors oui j’ai peur mais non je ne me laisserais pas abattre. Je continuerais à aller boire des verres en terrasse, je retournerais voir un concert et j’espère me retrouver dans une tribune de foot pour soutenir mon équipe. Parce que c’est ça la France, c’est ça Paris et je suis fière de mon pays, fière de ma ville.

Je pense à toutes ces victimes, à toutes ces familles détruites, à toutes ces vies brisées et ça me fout en l’air. Heureusement il y a toute cette solidarité, nationale et mondiale qui tente de gommer l’impensable, tente de nous mettre du baume au cœur.

Alors oui on va réapprendre à sourire, à se dire qu’on est pas seul.

Paris se relèvera je le sais. Paris continuera à être Paris.

Et aujourd’hui plus qu’hier et surement moins que demain, je suis Paris.

paris

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2 réflexions sur “Paris, I love you

  1. Un article très touchant ! Je suis encore sonnée et choquée, tout ceci semble tellement irréel, et ça fait peur, aussi :( Des bisous <3

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